L’artisan-pêcheur de la côte cannoise décrit dans l’exposition proposée par le Fort Royal de l’île Sainte Marguerite a beaucoup de mérite : il pêche, il pêche, ce pêcheur, et il ne pèche qu’une fois.
« J’ai commencé à pêcher à quatorze ans, avec mon oncle. Mon père aussi était pêcheur, j’ai péché avec lui également. (…) ».
Mais ce doit donc être un péché de jeunesse. Car à aucune ligne du texte qui raconte sa vie, ne manque le circonflexe sur pêche, pêcheur, et poissons pêchés. Toute sa vie de labeur (il a quatre-vingt-quatre ans, nous dit-on) a dû être exemplaire.
Aurait-il commis le péché de mensonge, en racontant des histoires à ses apprentis sur la météo à venir ?
Aurait-il commis le péché de vol en arnaquant ses clients à la criée ?
Aurait-il commis le péché de paresse en ne sortant pas en mer pour rester au chaud devant un site Internet douteux qui lui aurait fait commettre aussi le péché de luxure ?
Aurait-il commis le péché d’avarice en soustrayant ses économies à son épouse ?
Aurait-il commis le péché de gourmandise en faisant un festin de côtes de bœuf bien arrosé ?
Nous n’en croyons rien. Juste peut-être un petit péché clandestin, dans une vie exemplaire : Prions pour lui, pauvre pécheur.
Et souvenons nous d’Oscar Wilde : « le Saint a un passé, mais le pécheur a un avenir ».
Fort Royal de l’île Sainte Marguerite

