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Bienvenue sur le site de Catherine Legeay, écrivain.

Catherine Legeay, auteur

Catherine Legeay, Nancy, Parc Sainte-Marie

Journaliste, écrivain, conseil en carrières professionnelles, musicienne, Catherine Legeay a publié quatre romans dont deux ont été traduits en anglais par Ted Freeman.
Elle collabore régulièrement à des revues à finalité culturelle et se passionne pour la conservation du patrimoine industriel européen.

Née en 1951 à Nancy, mère de quatre enfants talentueux qu’elle a élevés seule après le décès accidentel de son mari, elle a accompagné de nombreux jeunes dans leurs choix de vie ce qui a contribué à la genèse du roman « PASSEURS ».

Marraine spirituelle : Sainte Catherine d’Alexandrie, patronne des philosophes et des écoles de filles.

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Les romans de Catherine Legeay

Couverture « Matières grises »

Matières grises

« Pierre, il n’a pas d’âge. Je l’aimais très jeune, quand il pédalait sur sa vieille bicyclette pour venir me voir le soir. Je l’aimais adulte, viril et combattant, quand il est parti en Indochine. Je l’aimais quand il est rentré. Je l’aimais même quand il m’a emmenée en forêt d’Orient pour me dire qu’il ne pourrait pas m’épouser, pas tenir sa promesse. Je l’aimais après, quand il n’était pas auprès de moi, coincé avec sa Beech, mais il était à moi de toute façon. Et je l’aime encore plus, maintenant que je suis presque morte, que je ne vois plus, je n’entends plus, que je n’agis plus, que je sens juste un peu. Je sens bien assez pour savoir quand il viendra me chercher.

Il va venir, Pierre ? Quand il viendra me chercher, je partirai avec lui. Il affrétera un hélicoptère de la base de Perthes, ça j’en suis bien sûre. Et il m’emmènera en forêt d’Orient, là où on s’est séparés pour longtemps. Pour longtemps, pas pour toujours ; je sentirai son odeur quand il viendra. Il me tendra la main et je me lèverai pour partir avec lui. C’est long, la vie sans lui, ça n’en finit pas. J’aimerais mieux la mort avec lui plutôt que la vie sans lui, alors il est temps, maintenant. »

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Couverture « Passeurs »

Passeurs

« Mais rester là, pourquoi pas ? Encore un peu de Sud avant de replonger dans les brumes du Nord et de sa vie… Si pressé qu’il fût quelques heures plus tôt, il commençait d’envisager de prolonger cette plongée hors du temps. Le retenait aussi en ces lieux le fait qu’ils étaient vierges de Sonia et de ses pensées pour Sonia. Pas la moindre molécule de Sonia, de l’amour de Sonia, de l’amour d’Arthur, n’intervenait dans la composition de ces lieux et de ces instants.

Il allait, à Cerbère, commencer de l’oublier. Loin d’elle, il déplierait enfin son cœur racorni par la rupture, comme le nouveau-né déplie ses membres tout neufs. Il en lisserait les plis, il l’installerait dans le confort d’une anonyme sérénité, après avoir soigneusement démantelé sa peine, ce tissu que la trame des espoirs et la chaîne des regrets avaient rendu si rêche. Il marcherait vers ce cap Cerbère qu’indiquaient les panneaux, et déplierait aussi ses jambes et ses bras, le nez au vent salé. »

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Couverture « Autan noir »

Autan noir

« Elle venait de comprendre qu’il lui faudrait s’approcher presque trop près de ce que la décence tolère pour comprendre cette alternance de souffles souvent contrariés, de silences dans lesquels seuls les mouvements des lèvres pouvaient la renseigner pour reconstituer un discours. Dans ces chuchotements chaotiques, il fallait aller à l’essentiel. Elle resta proche de lui, avec d’abord du courage, puis une bienveillance consentie. Mais elle pressentit que tout le temps quelle passerait auprès de lui devrait lui être donné complètement. Ce visage si rapproché du sien lui interdirait d’appréhender autre chose. Elle aurait à unir ses pensées à celui dont la proximité physique ne pouvait que s’accompagner d’une proximité des âmes. »

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Couverture « L'Ukrainien »

L’Ukrainien

« Aucun sommet des Pyrénées-Orientales n’avait de secret pour elle, et ce monde était bien assez vaste. Elle préférait remettre ses pas dans les sentiers connus d’elle, en éprouver au long des années la fidélité, les faibles changements, et l’arête en dos de dinosaure du Canigou suffisait à la faire voyager aussi dans le temps. L’univers du bourg et de la vallée était à sa taille, elle n’en voulait pas d’autre. Que le monde s’agitât, convulsât, naquît, mourût loin d’elle en image brutales sur l’écran de télévision lui importait peu : elle n’y pouvait rien. Ainsi était-elle à sa place, quelque part entre les temps immémoriaux où ces montagnes avaient surgi et le futur peu rassurant qui ne les verrait changer, ni de place, ni de force. »

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